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ALLOCUTION DU PRESIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE L'ORDRE DES ARCHITECTES A L'OCCASION DE LA CEREMONIE DE REMISE DU PRIX NATIONAL D'ARCHITECTURE ET D'URBANISME ANNÉE 2013

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-       Monsieur le représentant de son excellence Abdelaaziz Bouteflika, Président de la république;

 -       Monsieur le Ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville

 -       Chères consœurs;

 -       Chers confrères;

 -       Honorable assistance;

 

 L’histoire d’un pays se construit jour après jour, mois après mois, année après année, des actions des femmes et des  hommes, qui le long de leur vie, entretiennent des rapports entre eux au sein du même territoire ou avec d’autres  personnes, de territoires plus éloignés. Lesquels rapports sont jalonnés d’échanges de toute forme et de luttes pour la  prospérité pour les uns ou pour la survie pour les autres.

L’Algérie, le plus vaste pays d’Afrique du nord, situé géographiquement à l’épicentre du croisement des civilisations qui ont contribué à la formation  de son territoire, a cumulé un immense héritage qui puise son substrat de sa diversité morphologique et géographique conjuguée à sa richesse et diversité ethnique.

Les siècles catalysant la stratification des us et coutumes, des éléments composant le potentiel culturel, évoluent avec les confluences de l’histoire. L’architecture en est le témoignage le plus expressif. Et sans complaisance aucune, elle nous renseigne sur les influences, les brassages et les apports des cultures croisées et conjuguées qui constituent les étapes de notre histoire.

Notre pays, représente une page ouverte de l’histoire de l’humanité depuis 10.000 ans avant notre ère, avec les gravures rupestres et fresques du tassili. Les différentes étapes de l’histoire de notre pays, se partagent son territoire pour en faire un véritable musée à ciel ouvert au caractère universel.

Cet héritage collectif de l’humanité, est aujourd’hui entre nos mains, qu’il s’agisse de nos médinas, de nos ksours,  de nos villages et de tout le patrimoine architectural hérité de la période coloniale. Il représente une source intarissable de références pour construire notre langage architectural qui se doit d’être le reflet de l’histoire de notre pays, de notre ouverture à la culture universelle et notre ambition à la modernité.

L’architecte algérien, dont le nombre se résumait à quelques noms au lendemain de l’indépendance, auquel le plus grand hommage doit être rendu pour avoir su être au rendez-vous de l’histoire, à l’instar d'EL HADJ BOUCHAMA qui réinterpréta, en précurseur du post modernisme, l’architecture mauresque et la conjugua avec les exigences de la modernité, pendant que ses pairs s’émerveillaient des vertus de l’architecture "moderne" impersonnelle qui ne puise, en rien, ses référents de notre patrimoine riche et pluriel.

L’Algérie, pour relever le défis du développement, a fait appel à des contingents d’architectes de diverses contrées, notamment des pays de l’EST, qui ont fait les heures de gloire des bureaux d'études publics, seuls autorisés à faire de l’architecture durant les premières décennies de l’histoire récente de notre pays , le choix du modèle de développement socialiste oblige. Néanmoins, de grands noms de l’architecture ont signé des œuvres immenses, comme Pouillon, Kenzo Tange, Ricardo Boffil, sans oublier le plus prolifique parmi eux Oscar Niemeyer.  

Les changements d’option de développement des années quatre vingt dix, ont libéré la pratique de la profession d’architecte, avec la création de l’ordre des architectes et la consécration de l’architecture d’utilité publique. En même temps, la formation des architectes a connu un bouleversement avec la création, d'écoles et d’instituts d’architecture à travers le pays, qui se comptent, aujourd’hui, au nombre de 24, sans pour autant, que le cadre législatif qui régit la profession, en accord avec la loi 94/07 du 18 mai 1994, sur l’architecture ne soit promulgué. Cette situation de vide juridique a favorisé des déviations affectant l’exercice de la profession d'architecte, notamment en matière de mécanisme et procédure de sélection  pour la commande publique.

L’urbanisme et l’architecture, faut-il le rappeler,  sont des indicateurs du niveau d’efficience des mécanismes inhérents aux choix et à la gestion du développement.

Certes, l’architecte algérien doit porter la responsabilité sur la qualité des constructions, des choix esthétiques et du caractère architectural de ces dernières. Il doit, aussi, exprimer dans ses projets le choix porté sur la manière du « vivre ensemble ».

Les projets réalisés les uns après les autres, juxtaposés les uns aux autres, doivent, au préalable, êtres pensés en rapport au choix de modèle de société auquel nous aspirons. Tel un immense puzzle, un projet de société se pense aujourd’hui pour être construit demain.

L’architecte algérien, veut construire son pays parce qu’il en a pas d’autre en échange et ne veut, d’ailleurs, pas en avoir. Il aspire à construire des villes ou il fait bon vivre, des villes d’échange et de partage ou le caractère aussi nécessaire de l’activité commerciale, ne supplante pas celui des valeurs culturelles, ou le tertiaire ne travestit pas le caractère résidentiel, ou les loisirs et les activités de détente trouvent leur place de façon naturelle.

Il aspire à construire des villes ou l’homme est placé au centre de la réflexion, des villes enracinées dans notre patrimoine, mais tournées vers le futur, des villes de technologie et de savoir, des villes pour nos mégaprojets industriels, mais respectant la qualité environnementale.

Ces aspirations légitimes, peuvent elles, aujourd’hui être atteintes en l’état actuel de l’environnement dans lequel évolue l’architecte Algérien. Le Ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville,  en charge de l’architecture, conscient de cette situation, a effectivement lancé une refonte du cadre législatif et réglementaire afin de remettre l’architecte Algérien au cœur du débat sur le développement. Cette refonte, attendu depuis des décennies par la corporation conduite en collaboration avec les instances de l’ordre des architectes, permettra, une fois achevée la mise en place des conditions pour l’émergence, pour peu qu’elle ne soit pas, entre temps, vidée de sa substance, d’une architecture en accord avec les attentes des professionnels et des citoyens.

Le chantier attendu est lourd et complexe. L’architecture et la revendication du droit au "beau" doit être porté par le "citoyen architecte".

Ces revendications trouveront leurs réponses dans les projets qui doivent rompre avec la monotonie, la laideur et la juxtaposition sans âme des constructions. Elles trouveront, également leur réponse dans la projection d’un urbanisme ordonné, équitable et harmonieux consacrant l'habitat, les services, les équipements et le caractère urbain des projets.

Le citoyen a droit à des boulevards, des avenues et des rues, dans le respect du niveau de quartier qui doit assurer les besoins premiers de services et de loisirs de proximité. Cette hiérarchie des échelles permettra la réalisation d’un cadre de vie conforme au modèle de société auquel nous aspirons tous.

Ces revendications, loin d’être limitées, ne représentent que quelques uns des vastes chantiers qui attendent d’être ouverts. Parmi ces derniers, le prix national d'architecture et d'urbanisme en est l’un des plus importants. Cette halte, annuelle, est l’indicateur de la maitrise, par l’architecte Algérien du défi auquel il est confronté. Les projets, primés cette année, en sont la parfaite illustration. C’est une subtile et élégante symbiose entre notre passé et les exigences du présent.

Le débat étant ainsi ouvert, nous lançons un appel solennel à l’ensemble des membres de notre corporation à relever continuellement le défit.

Merci pour votre aimable attention.

 

 

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